Daeran 说:
FantasyWarrior 说:
[...]
Apres un soldat doit faire ce qu'on lui dit.
Je ne suis pas vraiment d'accord, un soldat doit toujours obéir à la morale, même si cela doit lui faire questioner les ordres, je pense surtout aux nombreux militaires refusant de tirer sur les foules pendant les manifestations et parfois même rejoignant les insurgés dans certains cas.
"Nombreux" militaires ? C'est ceux qu'on érige en exemple, et donc qu'on montre, mais dire qu'ils sont nombreux, euh... Il y a deux choses qui régulent les actions d'un militaire : le sens du devoir (qui passe presque uniquement par l'accomplissement d'une mission donnée et la protection de ses collègues) et la peur (qui régit une partie des actions conscientes ou inconscientes dans le feu de l'action). Quand des Américains pissent sur des cadavres de Talibans, ce n'est pas tant pour mépriser l'ennemi que pour dédramatiser une peur : celle que ces gens, qui actuellement gisent là couverts de pisse, auraient pu te tuer quelques minutes auparavant.
Pour ceux qui comprennent l'anglais, voici un
article qui devrait vous permettre de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d'un soldat. Ce ne sont pas des choses qu'on peut expliquer avec des idées et des notions acquises dans la vie civile. En un mot, on ne peut pas parler de ce qu'on ne connaît pas.
Nous sommes tous d'accord pour dire qu'il y a des idéaux : protéger la veuve et l'orphelin ou, à la limite, garantir la gloire de sa patrie. Maintenant, on quitte le camp d'entraînement et on va sur le terrain : la promiscuité, les balles qui sifflent, les silences interminables, l'incertitude constante, l'absence de début et de fin, l'éloignement social, la claustrophobie, le devoir, l'action de tuer, l'action de voir la mort, vivre à côté de la mort, vivre avec la mort, vivre la mort, etc. À moins de connaître tout cela, il est vain pour nous, simples civils, d'essayer de comprendre ce qui se passe dans la vie d'un soldat. Alors, lui dire ce qu'il doit faire, ce qui est bien et ce qui ne l'est pas, c'est premièrement d'une prétention sans nom, ensuite un étalage général d'une ignorance que la plupart d'entre nous ont en commun et, enfin, une absurdité des plus profondes. Croire qu'on peut parler de ce qu'on ne connaît pas, c'est risquer le déséquilibre entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et quand il y a déséquilibre, il y a incompréhension. Incompréhension de ces Poilus qui revenaient au foyer après des années de guerre, incompréhension de ces Allemands qui avaient suivi les ordres d'un État-major vendu aux nazis, incompréhension de ces Français qui revenaient d'Indochine ou d'Algérie, incompréhension de ces GI's qui avaient été hantés par les guerriers fantômes du Viêtminh, incompréhension de ces Russes qui revenaient d'une "petite" guerre d'expansion en Afghanistan, incompréhension de ces Américains qui avaient connu un stress intense durant l'opération Desert Storm, alors même qu'aucune perte militaire alliée n'avait été signalée. Incompréhension de vos soldats qui reviennent d'Afghanistan, malgré la télé, malgré la presse, malgré les grands discours, malgré Harry Roselmack. Comment voulez-vous comprendre ça ? C'est impossible. Alors, à défaut de comprendre, on apprend. Mais, surtout, on se garde de considérations intellectuelles qui, de toute façon, seraient pulvérisées par quelques heures d'une véritable expérience, quelques heures dans un bunker qui sert d'unique abri contre un ennemi insaisissable, quelques secondes sous le feu intense des balles et des obus.