Salut Cèsar.
Il y avait en Europe, une famille qui pouvait faire la pluie et le beau temps selon avec qui elle s'alliait. Elle possédait des territoires des deux côtés des Alpes et en contrôlait les principaux cols (Saint-Bernard, Mont-Cenis, etc...) et donc une grande partie du commerce européen.
Fondée au XIe siècle par Humbert I, la Maison de Savoie a su profiter de l'emplacement de ses possessions pour s'imposer sur la scène politique européenne. Elle agrandit ses possessions au fil des guerres, alliances et mariages.
Le XIIe siècle est celui des comtes
Thomas I,
Amédée IV,
Boniface,
Pierre II,
Philippe I et
Amédée V.
Thomas I (règne de 1189 à 1233) : guerre en Piémont suite à l'extinction de la famille comtale du Piémont : prise de nombreuses villes et places fortes. Il soutient l'empereur Frédéric II face au Pape et reçoit le titre de vicaire impérial. En 1232, il fait de Chambéry sa capitale.
Amédée IV (règne de 1233 à 1253) : ajoute définitivement Turin et le Piémont à ses possession (1235), soutient l'empereur Frédéric II face au Pape, cède le Piémont et Turin à son frère, le comte de Maurienne Thomas II. Amédée a sept frères et deux soeurs. Ses frères furent d'illustres personnages :
Pierre conquière le Chablais, le Valais et le Val d'Aoste ; et obtient de l'anneau de saint Maurice.
Philippe fut archevêque de Lyon et évêque de Valence en comende (il n'y a pas de faute à "comende", cela veut simplement dire qu'il n'a assumé que les parties civiles et militaires des titres d'archevêque et d'évêque, la partie religieuse ayant été assumée par les chapitres cathédraux).
Boniface fût archevêque de Cantorbery et dont la tombe était miraculeuse...
Boniface (règne de 1253 à 1263: fils du précédant, surnommé "Roland" : décide de chasser les Compagnies qui sévissent en Piémont, mais après plusieurs battailles victorieuses il est fait prisonnier par le marquis de Saluces et meurt en captivité.
Pierre II (règne de 1263 à 126

: frère d'Amédée IV, surnommé "le petit Charlemagne". Il reprend Turin, puis opposé à l'empereur Frédéric au sujet du Chablais et d'Aoste, il vainc le duc de Zähringen ("capitaine" de l'empereur) non loin de Chillion. Suivant sa lancée, il conquiert le pays de Vaud, et réussi à se faire céder les droits du duc de Zähringen sur ces terres en échange de sa liberté. Les autres prisonniers de la bataille près de Chillion prêtent hommage à Pierre de Savoie (les comtes de Nidau, d'Arberg et de Gruyère, les seigneurs de Grandson, de Cossonay et de Montagnie, ainsi que quelques chevaliers de Vaud).
Pierre de Savoie est également un proche du roi Henri III d'Angleterre (la reine d'Angleterre est la nièce du comte de Savoie) qui l'aidera à prendre le château de Rue et des Clées près de Genève.
Philippe I (règne de 1268 à 1285) : frère du précédant, comte de Bourgogne grâce à son mariage avec Adélaïde Iere de Bourgogne. Avec elle il achète la vile de Saint-Elie et le château de Dole en Franche-Comté. Il meurt sans enfants non sans avoir désigné un de ses neveu comme héritier.
Amédée V (règne de 1285 à 1323) : neveu du précédant et fils de Thomas II, comte de Maurienne, seigneur du Piémont et comte de Flandre et de Hainaut. Amédée V est surnommé "le Grand" car il doit sans cesse combattre les états italiens pour maintenir ses possessions. En 1295, Amédée de Savoie achète l'actuel château des ducs de Chambéry. Il y entreprend rapidement des travaux d'agrandissement et de modernisation. En 1310, il est fait comte d'Empire par l'empereur Henri VII.
À sa mort en 1323, Amédée a fait 32 sièges (dont celui qui délivra Rhodes des Ottomans en 1315) et a ajouté la moitié de la Bresse, le bas-Faucigny et les seigneuries d'Ivrée et d'Asti à ses états. C'est également lui qui prit pour blason la croix blanche sur fond rouge (ses prédécesseurs avaient un aigle noir sur fond jaune).
Même si la Savoie est souvent alliée au Saint Empire, elle n'en resta pas moins
un état fort et indépendant.
Je rappelle que le Saint Empire Romain Germanique s'étend sur
tout l'empire romain d'occident, plus les territoires conquis par Charlemagne, ce qui comprend, bien entendu, les états italiens, les états ibériques, la Suisse (les premier cantons font sécession en 1284), l'Angleterre et la France.
Concernant les langues et la culture, la zone des langues franco-provençales se distingue nettement des autres.
Le franco-provençal en tant que langue
n'existe pas. Il s'agit d'un groupe linguistique de l'indo-européen. Le terme franco-provençal est utilisé par défaut ; c'est loin d'être le meilleur, mais on n'en a pas trouvé d'autre.
Les langues franco-provençales peuvent être très proches les unes des autres comme être très différentes. Elles sont un mélange de gaulois, latin, grec, wisigoth, franc et même arabe dans certains cas. Dans certaines zones du franco-provençal, comme la Maurienne,
chaque village a sa propre langue.
Il n'y a pas non plus une seule culture dans la zone du franco-provençal, mais des dizaines, voire des centaines. À chaque langue, chaque communauté, sa culture. Malheureusement, de nos jours, ces cultures ont pratiquement disparues, notamment en Savoie (volonté de la France de faire disparaitre ces cultures pour éviter un séparation entre les français et les savoyards après l'annexion de 1860).